Articles in Category: Réflexions

Deux actes tortueux ne font pas justice !

on dimanche, 30 mars 2014. Posted in Réflexions

 

« Exode 3.22; 11.2, 3; 12.35, 36.  Le texte dit que les Israélites ont dépouillé les Égyptiens, avec leur consentement et sous l'influence de Dieu. Ils ont emporté notamment des objets d'argent et d’or.  Le contexte littéraire fait de cet acte un effet de la bonté de Dieu pour son peuple qu'il libère et qui reçoit la faveur des Égyptiens.  Le contexte historique rappelle que les Israélites avaient été esclaves et durement exploités par leurs maîtres. Pour confectionner le veau d'or, Aaron dit au peuple : Ôtez les anneaux d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez les moi, (Ex 32.2). C'est donc que les descendants de Jacob, hommes et femmes, portaient des bijoux, ce qu'il ne leur fut jamais reproché, ni par Moïse, ni par le Seigneur. Peut-être même auraient-ils mieux fait de continuer à porter leurs boucles d'oreilles que d'en faire le veau d’or ! » (1)

 

Commentaires de l'Aumônier : L’ordre donné par Dieu de dépouiller l’économie Egyptienne était simplement l’accomplissement d’une de ses promesses faite à Abraham : « et ils sortiront ensuite avec de grandes richesses, » Genèse 15.13-16.  Ainsi l’Eternel avait prévu le moyen pour qu’Israël puisse démarrer leur propre économie en tant que nation. Notons bien l’ordre de l’Eternel ! : L’ordre aux femmes : « Chaque femme demandera à sa voisine et à celle qui demeure dans sa maison des vases d’argent, des vases d’or, et des vêtements, que vous mettrez sur vos fils et vos filles.  Et vous dépouillerez les Egyptiens, » 3.22. L’ordre aux hommes : Exode 11.2, selon la version LSG, « chaque homme demande à son voisin. » Les objets d’or et d’argent n’étaient que des ustensiles, des vases, et des outils pour la maison et éventuellement la maison de l’Eternel.  Le seul aspect de l’ordre de l’Eternel qui touche à l’ornement est : « des vêtements, que vous mettrez sur vos fils et vos filles. »  Formellement, Dieu ordonne le revêtement de son peuple et non pas la parure de bijoux ou d’ornements.

 

Cette déclaration suivante mérite clarification : « les descendants de Jacob, hommes et femmes, portaient des bijoux, ce qu'il ne leur fut jamais reproché, ni par Moïse, ni par le Seigneur. (2) » Certains descendants de Jacob devenus idolâtres portaient des bijoux. L’Eternel lui-même avait reproché à la famille de Jacob le port des bijoux et la possession d’idoles, (Gen 35.1-4). A la demande de Dieu, Jacob les a invités à les retirer afin de se consacrer à Dieu. Ensuite, il les a enterrés. Le dépouillement pour ce moment de consécration a été la demande de Dieu adressée à Jacob.  Le dépouillement de soi pour la consécration était devenu par la suite un rituel de la nation d’Israël.

 

En plus, l’erreur d’Aaron, souverain sacrificateur de l’Eternel, était de dire au peuple : « Ôtez les anneaux d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez les moi, » (Ex 32.2), montre que même un leader spirituel peut se tromper en suivant le désir de la masse.  Dieu avait reproché à Aaron cette erreur de leadership, (Ex 32.7-10).  La faute d’Aaron l’avait mis au même rang que le peuple idolâtre devant le veau d’or. Par sa confession, Aaron avait évité le châtiment de Dieu.  Néanmoins, son erreur était la perte de trois milles vies, (Ex 32.25-29).

 

Une autre déclaration qui mérite clarification : « Peut-être même auraient-ils mieux fait de continuer à porter leurs boucles d'oreilles que d'en faire le veau d’or ! (3) »

 

Au pied de Sinaï, le symbole de l’idolâtrie du peuple de Dieu était les faux dieux qu’ils portaient sur leurs corps ou parmi leurs biens devenus réellement un faux dieu collectif - le veau d’or. Refuser de commettre une grande faute ne justifie en rien faire une moindre faute. Les deux fautes demeurent fautes.  Que ce soit l’idole du veau d’or ou la simulation d’une culture panthéiste, païenne et idolâtre, pour les enfants d’un seul vrai Dieu c’est une dérive. C’est la cohérence qui est transmise à travers toute la Bible - le dépouillement de soi, des bijoux, et la fidélité, tout à la demande de Dieu.

 

Ni le veau d’or, ni les boucles d’oreilles n’étaient du choix de Dieu.  Le choix du peuple fait suite à un enchainement d’évènements comme un château de cartes. Dès le départ, le peuple d’Israël, n’aurait pas dû suivre les Egyptiens dans leur coutume idolâtre et le port de bijoux ayant pour but l’auto-glorification - c’est à dire « être comme leur(s) dieu(x) ». C'est une pratique qui remplace insidieusement et peu à peu dans nos cœurs, la gloire due à Dieu. C’est un glissement silencieux et dévastateur – on ne voit pas la mauvaise herbe qu’après le temps de germination, ensuite assez de temps encore pour que la plante pousse et voit le jour.

 

La dissidence est naturellement humaine. Aujourd’hui, jusqu’à quand allons-nous faire  des cérémonies de re-consécrations et des programmes de réveil ? Ne faut-il pas un jour déposer définitivement nos idoles ? Pourquoi ne demeurons nous pas continuellement dans la consécration – la séparation de soi entièrement à la volonté de Dieu ? Dieu l’a déjà dit que cette séparation est sa volonté, (1 Thess. 4.3).

 

Sean Dowding, Aumônier

 

(1) Selon le texte « Parures et Bijoux, » du 23 novembre 2005 de la Commission d'éthique de l’UFB.

 (2) Ibid.

 (3) Ibid.

 

Voir d'autres reflexions de l'Aumônier

 

La victoire insidieuse de l'Ennemi

on mercredi, 02 avril 2014. Posted in Réflexions

 

« Le texte dit: « Les vaincus avaient des anneaux d'or, puisque c'étaient des Ismaélites .... Ils jetèrent chacun un anneau de son butin, pour un poids total de 1 700 sicles d'or, sans compter les croissants, les pendants d'oreilles ... les colliers qui étaient au cou de leurs chameaux, » Juges 8.24-26.

 

Le contexte littéraire nous apprend que, guidé par Dieu, Gédéon a délivré Israël de l'oppression des Madianites. Gédéon refuse la proposition du peuple qui veut le faire roi. Il demande une part du butin qui a été pris à "ennemi. Avec cet or, il va fabriquer un éphod (il est difficile de savoir exactement ce que c'était), lequel deviendra une occasion d'infidélité religieuse pour la famille de Gédéon et pour une bonne partie du peuple.

 

Le contexte historique nous permet de savoir que les Madianites étaient des nomades venant du Nord de la péninsule arabique. Dans certaines parties de cette péninsule, on extrayait de l'or. On en fabriquait toutes sortes objets, y compris des bijoux. La forme typique de certains de ces bijoux était déjà le croissant, qui reste encore aujourd'hui l'un des symboles du monde arabe. Chacun des combattants israélites fut invité à donner un anneau, et il a pu garder pour lui les autres dont il s'était emparé. »*

 

Commentaires : Le simple fait que la valeur du butin de la bataille ait été mesurée en poids (v 26), indique que toute l’importance est donnée au sens du capital et de la marchandise et non pas au sens de la décoration corporelle.  L’Esprit a inspiré la précision, Les ennemis avaient des anneaux d’or, (8.24).

 

Gédéon n’est pas une référence constante en ce qui concerne la spiritualité. Certes, il était « intègre et courageux, ferme et intransigeant lorsqu’il s’agissait de principes » et il a eu des victoires grâce à Dieu (6.11-24), jusqu’à ce qu’il se laisse piégé par un autre esprit lorsqu’il avait fabriqué un éphod : « Gédéon en fit un éphod, et il le plaça dans sa ville, à Ophra, où il devint l’objet des prostitutions de tout Israël; et il fut un piège pour Gédéon et pour sa maison, » (Juges 8.27).  Cet esprit de Satan a poussé Gédéon à rechercher « le vouloir être, le vouloir paraître ».

 

Utilisant les anneaux d’or pour la fabrication d’une pièce afin de faire de lui-même prêtre, une « idole » du peuple, démontre clairement que tout ce que nous faisons pour nous recevoir la gloire est un piège pour nous et pour notre maison.  Et surtout, la Maison de Dieu.

 

L’erreur de Gédéon avait deux conséquences : l’idolâtrie et la décadence morale.  D’abord il a prit la place réservée aux prêtres.  Gédéon n’était ni gouverneur, ni prêtre, ni Lévite.   Le privilège accordé à Gédéon par le Seigneur d’offrir un sacrifice (6.19-21), rite réservé aux prêtres, ne l’investissait pas en tant que prêtre, ni à ce moment-là, ni dans l’avenir.  Il avait pris tous les anneaux, pris aux Madianites, pour faire une cuirasse qui ressemblait à celle des prêtres et il avait utilisé les vêtements royaux du butin pour fabriquer un éphod.  Gédéon, ce grand champion pour l’Eternel qui avait abattu l’idolâtrie, par ses actes, finit par la ramener au sein de son peuple.

 

Ensuite, « Gédéon eut soixante-dix fils, issus de lui, car il eut plusieurs femmes. 31  Sa concubine, qui était à Sichem, lui enfanta aussi un fils, à qui on donna le nom d’Abimélec, » (8.30-31).  Avoir une concubine n’était pas digne d’un enfant de Dieu.  C’était un péché.  Cette relation de concubinage a engendré un fils, Abimélec, devenu roi à sa mort, mais pire que lui dans ces actes, jusqu’à tuer tous les membres de la famille de son père sauf un.

 

Aujourd’hui, « le vouloir paraître » mènera insidieusement l’enfant de Dieu, aussi noble qu’il soit, vers l’idolâtrie sous quelque forme que ce soit, provoquant la perte de son exclusivité au seul vrai Dieu. 

 

(Voir Ellen White, Patriarches & Prophètes, chapitre 53, « Les Premiers Juges »).

 

Sean Dowding, Aumônier

 

*Selon le texte « Parures et Bijoux, » du 23 novembre 2005 de la Commission d'éthique de l’UFB.

 

Voir d'autres reflexions de l'Aumônier

 

 

 

Écoutons la fin du discours: Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme.

Eccl 12:13 (12:15)